Créer une chambre supplémentaire, isoler un dressing, séparer un bureau du séjour : la cloison en plaques de plâtre est la solution la plus simple pour redessiner un intérieur sans gros œuvre. Légère, rapide à monter et facile à finir, elle se pose en un ou deux week-ends pour une pièce de taille moyenne. Encore faut-il respecter un ordre précis, du traçage au ponçage des bandes, car c’est la qualité de l’ossature qui fait la solidité et la planéité du résultat final. Voici la méthode complète, étape par étape.
Préparer le projet avant d’acheter quoi que ce soit
Commencez par définir l’usage de la future cloison. Une simple séparation entre deux espaces secs se contente d’une plaque standard de 13 mm de chaque côté d’une ossature de 48 mm. Une cloison qui longe une salle d’eau demande des plaques hydrofuges, reconnaissables à leur parement vert. Si le confort acoustique compte, entre deux chambres par exemple, prévoyez un isolant en laine minérale dans l’ossature, voire des plaques phoniques ou une double épaisseur de plaques.
Pensez aussi aux réseaux : prises électriques, interrupteurs, éventuel passage de gaines ou d’une évacuation. Il est bien plus facile de les prévoir avant la pose des plaques que de les ajouter ensuite. Repérez enfin la position de la porte si la cloison doit en accueillir une : le bâti se monte en même temps que l’ossature, avec des montants renforcés de part et d’autre.
Le matériel et les quantités
Pour une cloison classique, il vous faut des rails, qui se fixent au sol et au plafond, des montants verticaux qui s’emboîtent dans les rails, des plaques de plâtre, des vis à plaque, de la bande à joint et de l’enduit. Comptez un montant tous les 60 cm, ou tous les 40 cm si la cloison doit supporter des charges ou recevoir du carrelage. Ajoutez environ 10 % de plaques pour les chutes et les découpes.
Côté outils, prévoyez un mètre, un cordeau à tracer, un niveau à bulle ou un niveau laser, une pince à sertir ou des vis TRPF pour assembler rails et montants, une cisaille à métaux, un cutter avec lames de rechange, une scie à guichet pour les découpes de boîtiers, une visseuse réglée avec un embout de butée, un couteau à enduire de petite et de grande taille et un ponceur à main avec grille abrasive. Un lève-plaque, qui se loue à la journée, devient presque indispensable pour les plafonds ou les plaques de grande hauteur.
Tracer et poser l’ossature
Tracez la position de la cloison au sol au cordeau, puis reportez ce trait au plafond à l’aide d’un niveau laser ou d’un fil à plomb. Cette étape conditionne tout le reste : une ossature qui n’est pas parfaitement verticale donnera une cloison qui penche, ce qui se voit immédiatement au niveau des angles et des portes.
Fixez ensuite les rails haut et bas en respectant votre tracé, avec des chevilles adaptées au support et une fixation tous les 60 cm environ. Collez au préalable une bande résiliente sous les rails : elle limite la transmission des bruits et compense les petites irrégularités du sol. Coupez les montants à la hauteur sous plafond moins un centimètre, puis insérez-les dans les rails en les faisant pivoter. Le premier montant se fixe contre le mur existant, les suivants s’espacent régulièrement à l’entraxe choisi.

Intégrer l’isolant et les gaines
Une fois l’ossature en place, vissez les plaques sur une première face seulement. Passez ensuite les gaines électriques dans les ouvertures prévues dans les montants, sans les pincer contre les arêtes métalliques, et posez les boîtiers d’encastrement après avoir découpé les plaques à la scie à guichet. Glissez enfin les panneaux d’isolant entre les montants, sans les tasser : un isolant comprimé perd une partie de ses performances acoustiques et thermiques.
Visser les plaques correctement
Les plaques se posent verticalement, en commençant par un angle, avec un léger jeu d’environ un centimètre en partie basse pour éviter les remontées d’humidité. Calez-les avec des chutes pendant le vissage. Les bords des plaques doivent toujours tomber au milieu d’un montant, jamais dans le vide. Sur la seconde face, décalez les joints d’au moins un entraxe par rapport à la première : la cloison sera nettement plus rigide.
Vissez tous les 30 cm environ le long de chaque montant, à un centimètre du bord de la plaque. La tête de vis doit affleurer le carton sans le déchirer : c’est tout l’intérêt de l’embout de butée sur la visseuse. Une vis trop enfoncée ne tient plus rien, une vis qui dépasse empêchera l’enduit de couvrir proprement la surface.
Les bandes et l’enduit : la finition qui fait la différence
C’est l’étape qui demande le plus de patience. Appliquez une première couche d’enduit dans le creux formé par les bords amincis de deux plaques, posez la bande papier bien centrée, puis marouflez-la au couteau pour chasser l’excédent et les bulles d’air. Couvrez immédiatement d’une fine couche d’enduit. Rebouchez aussi chaque tête de vis.
Après séchage complet, généralement 24 heures, passez une deuxième couche plus large avec un grand couteau pour noyer la bande et lisser la transition avec la plaque. Une troisième couche très fine est parfois nécessaire. Poncez ensuite légèrement à la grille abrasive, sans attaquer le carton, puis dépoussiérez soigneusement. Dans les angles saillants, une bande armée ou une cornière protège durablement l’arête contre les chocs.
Avant de peindre
Une plaque de plâtre brute boit énormément la peinture, et les zones enduites n’absorbent pas comme le carton. Appliquez toujours une sous-couche spéciale plaques de plâtre sur toute la surface : elle uniformise le support et évite les différences de brillance une fois la peinture de finition posée. Deux couches de finition suffisent ensuite dans la plupart des cas.
Les erreurs les plus fréquentes
- Négliger le traçage et monter une ossature qui n’est pas d’aplomb.
- Espacer les montants de plus de 60 cm, ce qui rend la cloison souple et fragile.
- Aligner les joints des deux faces au lieu de les décaler.
- Trop enfoncer les vis et déchirer le carton des plaques.
- Poser la bande sans enduit dessous : elle se décolle et fait apparaître des fissures.
- Peindre directement sur la plaque sans sous-couche.
Budget et choix entre faire soi-même ou faire appel à un pro
Pour une cloison simple, le coût des fournitures reste modeste : comptez quelques dizaines d’euros par mètre carré en incluant l’isolant, les bandes et l’enduit. La pose par un plaquiste coûte plus cher mais garantit une finition impeccable et un chantier plus rapide, surtout pour une grande surface ou une cloison avec porte. Avant de trancher, il est utile de comparer les prix au mètre carré et les étapes du chantier sur des guides spécialisés comme tontravaux.fr, qui détaille les coûts des principaux travaux de rénovation et aide à préparer un budget réaliste. Avec une ossature soignée et des bandes réalisées sans précipitation, une cloison en plaques de plâtre montée soi-même n’a rien à envier à celle d’un professionnel.